mercredi 11 mars 2009

11 mars - Ensemble de la maternelle à l'université

"Des manifestations étaient prévues dans 23 villes de France. Nous avons suivi celle de Paris. 14h30, départ place de la République. Elle réunit tous les personnels de la maternelle à l’université, comme l’énonce une banderole de tête: «Ensemble de la maternelle à l’enseignement supérieur et à la recherche, pour la défense du service public». Et c’est exactement le sentiment qu’on a, déambulant sous le soleil parisien: un ensemble de citoyens, calmes et motivés, se battant pour le présent et le futur de l’éducation. Se battant pour tous." Libération, 11/03/09. Suite de l'article...

"Rien à faire. Le gouvernement a beau dire, il ne parvient pas à éteindre la contestation dans l’éducation. Démarré à l’automne avec le primaire et les lycées, poursuivi ces dernières semaines dans les universités, le mouvement tente désormais de faire front commun. « De la maternelle à l’université » : le mot d’ordre de la nouvelle journée de mobilisation qui se déroule aujourd’hui partout en France (1) a de quoi inquiéter le pouvoir. Lui, qui tente de persuader l’opinion publique d’une « sortie de crise » dans les facultés et de s’offrir quelque répit, voit se profiler un embrasement généralisé et quasi inédit !" L'Humanité, 11/03/09. Suite de l'article...


"La communauté universitaire ne décolère pas. Entre 30.000 et 60.000 personnes, selon la police et les organisateurs, ont à nouveau défilé mercredi à Paris et en province, dans le cadre de la sixième journée d'action nationale du mouvement universitaire, entamé le 2 février. Il s'agit de la deuxième journée ayant rassemblé le plus de manifestants, après celle du 10 février (43.000 à 100.000 personnes). Les autres journées avaient rassemblé 30.000 à 53.000 personnes le 5 février, 30.000 à 55.000 le 19 février, 17.000 à 33.000 le 26 février et 24.000 à 43.000 le 5 mars." Le Figaro, 11/03/09. Suite de l'article...


"Les enseignants-chercheurs de l'université de Provence (Aix-Marseille I) ont décidé de démissionner de leurs fonctions administratives pour "protester contre la politique et l'attitude du gouvernement", a-t-on appris mercredi 11 mars auprès de l'un d'entre eux.
Les lettres de démission seront remises jeudi matin au président de l'université et dans l'après-midi au rectorat à Aix-en-Provence, a déclaré Mathieu Brunet, maître de conférence en lettres modernes et porte-parole de l'association Sauvons l'université." Le Nouvel Observateur, 11/03/09. Lire la suite...


"Rennes. A partir de 14h, la place de la mairie s'est peu à peu remplie de manfestants pour la défense des services de l'éducation publique de la maternelle à l'université. Beaucoup d'étudiants, mais aussi d'enseignants et de parents. Les étudiants en éducation physique et sportive (STAPS) ont organisé des jeux pour financer le pot de grève. Le cortège de 2000 étudiants s'est, tout d'abord, dirigé vers le nord de Rennes, rue d'Antrain, pour faire un sit-in devant le rectorat. Ils sont ensuite repartis vers la faculté de droit. A 15 h 45, le cortège redescendait vers le centre de la ville." Ouest France, 11/03/09. Lire la suite...


"Partis de la Place de la République vers 15h, les manifestants devaient défiler jusqu'à la Place de la Nation, à l'appel des principaux syndicats de l'enseignement supérieur et de la recherche, rejoints pour cette journée par plusieurs organisations représentant les enseignants des écoles, collèges et lycées." France Soir, 11/03/09. Lire la suite...


"Plusieurs milliers de personnes ont défilé, mercredi 11 mars, à Paris et en province, à l'occasion de la sixième journée de manifestations du mouvement universitaire, entamé le 2 février. A Paris, le défilé a débuté dans l'après-midi, place de la République, en direction de Nation. Dans le cortège, composé de beaucoup d'étudiants d'universités parisiennes et d'Ile-de-France ou d'IUT, une banderole clamait : "ensemble de la maternelle à l'enseignement supérieur et à la recherche, pour la défense du service public". "Cette manifestation montre l'insatisfaction persistante du monde de l'éducation et est une étape dans la préparation du 19" mars, journée interprofessionnelle de grève et de manifestations, a déclaré Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU." Le Monde, 11/03/09. Lire la suite...

L'école de demain

A l'occasion de la journée d'action "de la maternelle à l'université", prenons un peu de recul...
L'institution scolaire, comme d'autres services publiques, est visée par de nombreuses réformes gouvernementales. Les mesures, prises isolément, ne suscitent que peu d'opposition ou semble même relever du "bon sens".
En posant à plat les pièces du puzzle et en prenant un peu de recul, quel système éducatif est-on en train de créer à l'heure actuelle ?
Le document suivant a le mérite d'offrir une mise en perspective des réformes à l'oeuvre.
Cliquer ici.

Pôle Martinique - Compte-rendu de l'AG du 10 mars 2009

L’Assemblée Générale a débuté dans l’amphithéâtre F. Fanon avec une cinquantaine de personnes, mais a du se poursuivre dans le forum, en raison d’un début d’incendie survenu au niveau sur la toiture où avaient lieu des travaux d’étanchéité. On comptait alors 42 participants.

Après un rappel sur l’origine des contestations, les principales revendications, la mobilisation massive dans l’hexagone, un état des lieux des réponses apportées par les ministères concernés a été dressé.

Il faut retenir :

  • une dissociation des différentes revendications par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESER) qui n’a abordé que la question de la réforme du statut des enseignants-chercheurs (EC) ; ignorant encore celles concernant la réforme de la formation et du recrutement des enseignants des 1er et 2d degrés, le projet de contrat doctoral, la réforme des organismes de recherche, le plan pluriannuel de création de postes;
  • une série de manoeuvres dilatoires et de division de la part du MESER : nomination d’une
  • médiatrice, rencontres et négociations sélectives (avec notamment les Présidents d’Université, les syndicats), annonce d’une suspension des suppressions de postes pour 2010 et 2011… ;
  • l’annonce et la publication des grandes lignes de la réécriture du projet de décret relatif au statut des EC, alors que son retrait a été posé comme condition préalable à toutes concertations ;
  • l’annonce d’un projet de décret relatif à la réforme de l’organisation et des compétences du Conseil National des Universités, annoncé comme étant désormais l’unique organe de qualification et d’évaluation des EC, mais pas de leur promotion.

Le Doyen de la Faculté de Droit et d’Economie de la Martinique, Justin DANIEL, est intervenu pour apporter quelques précisions. Il confirme que les problèmes posés par le projet de décret portant réforme du statut des EC sont loin d’être réglés. Il informe de l’opposition des Doyens des Facultés de Droit, au projet actuel de décret relatif au statut des EC et des propositions que la conférence des Doyens des Faculté de Droit a faites au MESER concernant l’évaluation, la modulation des services et la promotion des EC. Il précise que si la conférence des Doyens des Facultés de Droit n’est pas favorable au retrait de la loi LRU, elle constate les dysfonctionnements qui en résultent et souhaiterait une réécriture ou sinon un réaménagement de certaines de ses dispositions qui sont particulièrement incompatibles notamment avec le principe d’indépendance des présidents d’Université et des EC et le principe de représentativité au sein des nouveaux comités de sélection remplaçant les commissions de spécialistes pour le recrutement des EC.

Monsieur le Professeur Emmanuel JOS est également intervenu pour que soit soutenue la spécificité de l’UAG lors de la tenue prochaine des Etats généraux envisagés par l’Etat et pour suggérer plusieurs propositions à formuler : abrogation ou modification de la loi LRU qui signe la régression de la démocratie notamment concernant les comités de sélection, mise en place d’une dotation spécifique de continuité territoriale pour l’UAG de nature à aider entre autres les candidats à la préparation des concours d’agrégation de l’enseignement supérieur, mise en place d’un véritable statut étudiant à l’UAG.


Actions à venir

Après ces prises de paroles il est mis au vote un certain nombre de propositions relativement à la place du pôle Martinique de l’UAG au sein du mouvement de contestations nationales contre les réformes de l’Université et de la recherche :


- La mobilisation du pôle Martinique de l’UAG et sa représentation par notre collègue Benoît
BERARD au sein de la 6e Coordination Nationale des Universités du 16 mars prochain :
  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : unanimité

Il est précisé qu’en raison de notre contexte social (poursuite de la grève générale) la mobilisation du pôle Martinique de l’UAG ne saurait prendre les mêmes formes que celle des Universités hexagonales.

La forme des actions à venir :


- manifestation de rue

  • Abstention : 2
  • Contre : 29
  • Pour : 11

- blocage du campus de Schoelcher

  • Abstention : 5
  • Contre : 37
  • Pour : 0

- délocalisation de certains cours

  • Abstention : 5
  • Contre : 1
  • Pour : 36

- conférence de presse couplée avec la formation d’une chaîne humaine sur le campus

  • Abstention : 9
  • Contre : 2
  • Pour : 31

- conférences-débats (« Université dans la rue ») et distribution de tracts

  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : unanimité

- pétition et motion (cette dernière devant être transmise à la Rectrice, au Préfet de

Région et aux Présidents des Conseils Régional et Général)

  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : unanimité

Il est précisé que la question de la grève administrative illimitée adoptée lors de l’AG du 6 février dernier n’est pas remise en cause, cette question étant renvoyée à la prochaine AG, dans l’attente d’une discussion au sein de chaque composante.


Question de la réouverture du campus

Enfin comme prévu à l’ordre du jour, l’Assemblée Générale se termine sur la question de la

réouverture du campus de Shcoelcher à l’ensemble de la communauté universitaire et du public ainsi que la reprogrammation des cours et des TD, dès que les conditions seront réunies.

Il est précisé que le « feu vert » doit venir du Président de l’Université, qui lui-même dépend beaucoup de la réunion d’un minimum de conditions (reprise des transports en commun (bus de la CACEM et Taxis collectifs) nécessaire au déplacement des étudiants, réouverture complète des services de garde collective et des établissements scolaires utile aux enseignants parents d’enfants…).

Les Doyens et Directeurs présents (MM. J. DANIEL et S. LAPIQUONNE) annoncent que

s’agissant de leur composante respective la reprogrammation des cours et TD a été travaillée avec le personnel administratif dans une perspective de suspension de la grève générale cette semaine, autour d’un canevas commun suivant : réduction des vacances de Pâques au seul week-end (du vendredi au lundi inclus), suppression du lundi de Pentecôte chômé, maintien du bouclage de l’année universitaire en juin et inscriptions en juillet, avec quelques aménagements dans chaque composante.

mardi 10 mars 2009

AG Pôle Martinique - Ah, si vous étiez venus...

L'ambiance s'échauffe aussi sur le campus ! Le pôle Martinique a tenu aujourd'hui son AG pour faire le point sur le mouvement dans les universités et des suites à donner en Martinique, dans un climat social pour le moins incertain.
L'assemblée, peu nombreuse*, a pourtant été aux premières loges pour assister à un nouvel embrasement. Non pas sur la rocade de Fort-de-France mais sur le toit de l'amphithéâtre F. Fanon. Les travaux en cours ayant provoqué quelques flammes. Le groupe est sorti sain et sauf, et non sans une certaine dignité : les femmes et les étudiants d'abord. L'AG s'est poursuivie au patio. Le collectif a été rejoint par les pompiers, et on a même - brièvement - pu voir deux gendarmes dans l'assemblée (la petite histoire ne dira pas s'ils ont pris part aux votes).
Informations, délibérations, votes : Ah, si vous étiez venus... vous en sauriez encore plus !

Les absents devront se contenter du compte-rendu de l'AG qui sera publié demain en milieu de journée.

(*) entre 42 et environ cinquante selon que le recensement retienne ou pas les pompiers...

lundi 9 mars 2009

Pôle Martinique - Assemblée générale le 10 mars à 9h amphithéâtre F. Fanon

Le 6 février dernier, réunis en Assemblée Générale, nous avions décidé de prendre part à la mobilisation contre les réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche: notamment grève administrative et manifestaton de protestation le 10 février. Le mouvement de grève générale en Martinique ne nous a pas permis de multiplier les actions.

Depuis les choses n'ont guère évolué concernant les revendications de la communauté universitaire et des organismes de recherche, et l'appel au maintien d'une mobilisation massive est maintenu notamment par la coordination nationale des universités (cf. message de P. Vaillant). Par ailleurs malgré de sérieuses avancées, la grève générale se poursuit en Martinique.

Aussi nous vous invitons tous, personnels ensignants, non enseignants et étudiants, à participer à une Assemblée Générale le mardi 10 mars à 9H dans l'amphithéâtre F. FANON, avec pour ordre du jour les points suivants:

1° l'état des lieux des réponses apportées par les ministères concernés aux exigences des communautés universitaire et de recherche;

2° la mobilisation du pôle Martinique de l'UAG contre les réformes de l'Université et de la Recherche;

3° les actions pouvant être retenues sur le pôle Martinique;

4° la ré-ouverture du campus de Schoelcher à l'ensemble de la communauté universitaire et au public et la re-programmation des cours et TD dès que les conditions seront réunies.

Un vent de révolte au CNRS


Belle action des jeunes chercheurs recrutés au CNRS...
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/03/cnrs-les-jeunes.html

vendredi 6 mars 2009

Pôle Guadeloupe - Compte-rendu de l'AG du 6 mars

Les propositions suivantes ont été soumises au vote :

1°) Mobilisation du Pôle Guadeloupe de l'UAG en protestation aux réformes actuelles de l'enseignement supérieur et de la recherche
  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : Unanimité
Commentaire : Il est entendu qu'au vu du contexte actuel et de l'impact de la mobilisation de l'université au sein du collectif LKP sur le calendrier des cours/examens, cette mobilisation ne peut prendre les mêmes formes que celles connues actuellement en métropole.

2°) Rédaction et distribution d'un ou plusieurs tract visant à informer la population, la communauté universitaire et les médias sur les raisons et la nature de la mobilisation au sein du pôle guadeloupe
  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : Unanimité
Commentaire : Cette rédaction est menée conjointement par les étudiants
et les enseignants chercheurs présents afin de pouvoir atteindre le plus large public
possible.

3°) Dès Lundi 9 Mars, sensibiliser directement la communauté universitaire sur la
mobilisation nationale du 11 Mars et informer sur la tenue d'une Assemblée Générale ce
jour là.
  • Abstention : 0
  • Contre : 0
  • Pour : Unanimité
Commentaire : La sensibilisation mentionnée implique l'ensemble des acteurs de la vie
universitaire et peut prendre plusieurs formes :
  • conférences-débat sur les heures de cours
  • remise de tract et mini-débat en début de cours
  • échanges de mails et de liens, discussion.

jeudi 5 mars 2009

Pôle Guadeloupe - Suites à donner à la mobilisation contre les réformes Pécresse

Le comité de grève du pôle Guadeloupe contre
les réformes Pécresse appelle au soutien de la
mobilisation nationale actuelle des universités
métropolitaines.

Afin de définir et de voter les modalités de cette
mobilisation, le comité appelle à une Assemblée Générale
le Vendredi 6 Mars à 12h30 en Amphithéâtre Mérault.

Le comité appelle également l'ensemble des personnels et
l'ensemble des étudiants à participer à la manifestation
du Samedi 7 Mars à nos côtés sous la double banderolle
LKP - Universitaires.

La mobilisation ne faiblit pas...

Quelques 20.000 manifestants de plus dans la rue que le 26 février : 50.000 en tout. En attendant les journées de mobilisation "de la maternelle à l'université" du 10 et 11 mars et avant celle du 19 mars : journée de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.

Dépêche Reuters reprise pas Le Monde : La Grogne persiste dans les universités et monte à l'hôpital.
Libération : "Université : manif avant négociations"
Le Figaro : "Universités : les cortèges ne désemplissent pas"
Le Parisien : "Etudiants et enseignants nombreux dans la rue"
L'Humanité : "Université. Pécresse joue l'intox, les facs persistent"
Rue89 : Occupation éclaire de la Sorbonne le 04/03

mercredi 4 mars 2009

Les "cons du ministère" et leurs "projets de merde"


Une brève publiée dans le Canard enchaîné, édition du 04/03/09 fait pas mal de bruit. Elle rapporte les propos du Président de la République à ses conseillers en éducation. Extrait : «Je ne veux plus voir les enseignants, les chercheurs et les étudiants dans la rue ! Fini le projet de décret. Fini aussi la suppression des IUFM. Vous me réglez ça. Vous vous couchez.S’il le faut, vous n’avez qu’à faire rédiger les textes par les syndicats, mais qu’on passe à autre chose ! On a bien assez de problèmes comme ça. De toute façon, ce n’étaient que des projets de merde.»
Pour lire l'intégralité de l'article, cliquez ici.

L'hebdomadaire Marianne en rajoute une couche : "Pour Sarkozy, le projet Pécresse est un projet de merde".

Le bruit des manifestants, à défaut d'avoir été entendu par le tandem Pécresse-Darcos, semble avoir ému le Président Sarkozy.

Le SNESUP a rencontré la ministre le 04 mars, état des lieux

Extrait de la Lettre Flash publiée ce jour par le SNESUP, syndicat majoritaire dans l'enseignement supérieur :

"Le SNESUP –Jean Fabbri, Sylvie Pittia, Marc Champesme- a rencontré Valérie Pécresse ce mercredi 4 mars. Il a défendu dans cette interpellation des pouvoirs publics, comme il le fait dans l’organisation de l’action, les revendications qui solidarisent comme jamais la communauté des universités et des organismes de recherche de notre pays. Il a structuré son intervention sur la base de la déclinaison des quatre ensembles revendicatifs au coeur de nos exigences :
  • la formation et le recrutement des enseignants de premier et second degrés,
  • le décret statutaire,
  • les moyens et l’emploi,
  • la recherche (voir ci-dessous).
La ministre, dont la marge de discussion paraissait mesurée, s’est montrée très évasive sur des inflexions que le gouvernement pourrait concéder.
  • Rien de précis n’est dit sur la mastérisation et les concours, mais l’embarras est évident sur le modèle de formation et de concours tel que le dessine le ministère de l’éducation nationale. Le rôle que jouent les IUFM et l’inquiétude présente de leurs personnels sont sous-estimés.
  • Sur le rôle et les missions des organismes de recherche, elle ne veut pas admettre que ce qu’elle nomme sa « feuille de route » est refusé par le monde scientifique. Elle impute au seul CNRS la responsabilité des désassociations d’UMR. Sur les chaires mixtes, les propos de la ministre sont contradictoires : tantôt défendues, tantôt présentées comme « négociables ».
  • En matière d’emplois, elle tempère son refus de rétablir les emplois statutaires supprimés en 2009 par un vague scénario de « mobilisation des emplois vacants » rendu possible par le maintien « en base » de la masse salariale des emplois supprimés. Notre intervention sur la transformation de postes de PRAG docteurs qualifiés en emplois de MCF, accompagnée de la compensation du potentiel d’enseignement en emplois statutaires, a reçu un semblant d’écho. Sur le modèle d’allocation des moyens (SYMPA), la ministre s’entête et « autoriserait » un droit de regard du CNESER. Elle ignore les dégâts déjà avérés de ce modèle dans les IUT et nombre d’établissements.
  • Sur le décret statutaire, elle admet que le processus lancé vendredi dernier et hier n’est pas satisfaisant. Son directeur de cabinet reconnaît même des vertus au décret de 1984. Le SNESUP a refusé d’entrer dans le canevas contraint de cette « réécriture »."

Téléchargez le document intégral complet en cliquant ici.

Mobilisation, information, durcissement et stratégie gouvernementale

A la veille de la journée de manifestations nationales du 5 mars, qu'en est-il de la mobilisation contre les réformes de l'enseignement supérieur (statut des enseignants chercheurs, "mastérisation" de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, LRU) ?
Le 3 mars, Valérie Pécresse a reçu les syndicats. Un rapide compte-rendu dans Libération publié le 04-03, semble souligner des avancées significatives dans la réécriture du décret du statut des enseignants-chercheurs (rien sur les autres revendications). A noter que le syndicats majoritaire SNESUP a décliné l'invitation de la Ministre, jugeant "trop restreint le cadre des discussions".
Plus tard dans la journée, un communiqué de presse d'un des syndicats présents à la réunion avec la Ministre se montre beaucoup plus mesuré dans l'état des avancées (billet de la journaliste Véronique Soulé sur son blog). Pour AutonomSup, qui se présente comme "indépendant" mais plutôt "classé à droite" et donc peu familier de ce type d'engagements dans des actions, se montre insatisfait du "climat" des négociations et semble relativement échaudé. D'ailleurs, il participera aux manifestations du 5 mars.
Si le gouvernement a bien fait des "annonces" concernant l'emploi, si le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs semble bien remis sur le métier, le ministère ne s'est pas engagé sur un plan pluri-annuel pour l'emploi dans l'enseignement supérieur et la recherche. Quant au décret, à la fois les actions et la communication semblent pour le moins confuses (nomination d'une médiatrice, proposition de nouveau décret par un parlementaire de l'UMP, nouveau décret en cours d'écriture par la médiatrice, nouveau décret en cours d'écriture avec les syndicats,...).
Dans les universités métropolitaines, les AG commencent à voter des blocages : Lyon II, Montpellier 3, Orléans, Aix-Marseille 1 (avec les EC, qui ont démissionné de leurs charges administratives), Aix-Marseille 3, Angers, Artois, Bretagne Occidentale, Limoges, Caen (suspension des cours), Montpellier 3, Pau, à Paris IV les personnels ont fermé le centre de Clignancourt,... Si certaines universités étaient déjà bloquées, le mouvement semble s'accélérer depuis deux jours (voir le recensement fait par Sauvons l'Université !). A Bordeaux 3, les enseignants chercheurs, "exaspérés de ne pas être entendus", bloquent les bâtiments (billet du blog de V. Soulé, le 05/03).
Le blocage des universités semble marquer dans les faits une radicalisation des actions menées à la fois pour se faire entendre des médias et du gouvernement. Le traitement médiatique est singulièrement faible depuis la dernière descente dans la rue. Cette radicalisation des actions ne fait qu'entériner la radicalisation des revendications puisque la coordination nationale exigeait l'abrogation de la LRU. Au regard de cette évolution, les réponses gouvernementales semblent "pragmatiques" car s'attaquant point par point aux différents sujets de revendication mais semblent bien sectorielles, timides voire floues. Il est à noter que les ministres ont eux-aussi largement puisé dans leur registres d'actions : après avoir joué la temporisation (silence des premières semaines), la fermeté (Pécresse et Darcos droits dans leurs bottes), le rapport de force (comptage des manifestants), la "négociation" (nomination d'une médiatrice, réunions avec les syndicats), la concession (les emplois), voilà l'enfumage (nouvelle écriture du décret) et la division (concession sur le décret, silence sur la "mastérisation").
Après cinq semaines de conflit dans les universités et les centres de recherche, on peut s'interroger sur la stratégie de l'action gouvernementale et sa cohérence.